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Maewan au Brésil…

5 août 2021

Après avoir enquêté sur l’origine et la réalité des favelas au Brésil, notre équipe est allée à la rencontre des ses habitants. Elle retient une expérience riche en apprentissages, une grande leçon d’humilité et un partage sans précédent. 
Revenons ensemble sur les moments forts de ces rencontres, et sur le projet mis en place par Maewan. 

Pourquoi dit-on “favela” ? 

Nous avions étudié l’origine historique de la naissance des favelas dans la ville de Rio, mais connaissez-vous l’origine du mot “favela” ? 
Le mot “favela” était employé pour nommer une plante “Cnidoscolus quercifolius” de la famille des Euphorbiacées. Ce sont des arbustes à feuilles caduques qui peuvent atteindre jusqu’à 8 mètres de haut. 

Ils ont des fleurs blanches, et donnent un fruit qui contient des graines oléagineuses, semblables aux graines de haricot. 
Il s’agit d’un arbuste qui pousse en grande quantité sur les collines de la favela Morro da favela. C’est pour cette raison que cette colline fut appelée ainsi lors de la guerre de Canudos. Petit à petit, cette première favela s’est étendue avec les arrivées des habitants et l’expansion des constructions. Naturellement, il est devenu courant d’appeler ces zones “favelas” par la suite. 

Quelle réflexion autour du tourisme ? 

Aujourd’hui les favelas du Brésil attirent les touristes du monde entier. De manière générale, on remarque un essor du tourisme “de la pauvreté”. De plus en plus de voyages humanitaires sont accessibles au plus grand nombre, moyennant des frais plus ou moins élevés. 
Au Brésil, de nombreuses agences proposent des visites guidées des favelas. 

Cet engouement nous pousse à réfléchir aux conséquences, et aux réels bénéficiaires de ces voyages. 

Que motivent ces touristes à s’aventurer dans ces zones souvent dites “dangereuses” et “reculées” ?
Comment les habitants perçoivent-ils ces visites ? 

Ces questions poussent à prendre du recul sur l’impact de nos actions en tant qu’individus et sur nos responsabilités en tant qu’association. 

Le marché du tourisme humanitaire

Au Brésil, on retrouve des touristes dans les bidonvilles avec leurs appareils photo. Il s’agit ici de ce qu’on l’on appelle “le tourisme de la pauvreté”. 
Observer comment viventles autres, voir le “vrai” Brésil et s’éloigner des lieux touristiques, voilà ce que recherchent ces curieux visiteurs.
Finalement, cette activité qui avait pour but « se sortir du Brésil touristique » est elle-même devenue une activité touristique intense. 

Mais qui en profite ?

A priori, les agences touristiques qui créent des emplois (guides, vendeurs…), des vendeurs ambulants de souvenirs, des petits restaurateurs…
Dans les faits, il s’agit surtout des guides des agences. Les touristes sont généralement encadrés et restent en groupe. Ils savent qu’ils sont dans des zones où le danger existe, et sont moins propices à venir avec de l’argent au sein des bidonvilles, qui ne sont pas non plus développés avec des infrastructures pouvant les accueillir. 
Finalement, les habitants locaux des favelas profitent très peu de ces visites… 

Offrir une alternative au tourisme de masse”, c’est la promesse des nombreuses agences de voyages humanitaires. 
Les jeunes étudiants et leurs parents sont souvent le public ciblé des agences. En effet, faire une mission humanitaire peut être une belle façon de se démarquer lors d’une recherche d’un emploi. 
Un voyage humanitaire peut se traduire par une ouverture d’esprit, l’envie d’avoir de l’impact, un attrait pour l’international et le sens de l’engagement.
Si on ne peut nier les motivations et les bienfaits d’un voyage humanitaire, il faut se poser la question sur la réalité de ces voyages proposés par les agences qui ont tout misé sur le marketing pour se mettre en avant, au détriment, peut-être, des habitants même remplaçant la main d’oeuvre locale; une collaboration inter-culturelle devient bénéfique lorsque qu’elle permet une montée en compétences dans la durée. 

C’est pourquoi un des axes fondamentaux de la méthodologie d’intervention de Maewan est de toujours travailler en partenariat avec une association du pays ou elle intervient. Cela lui permet de s’assurer d’une co-construction du projet élaboré autant pendant la phase de préparation, de mise en oeuvre, de suivi pour répondre à un besoin conjointement identifié. Le rôle de l’association partenaire, pour cette étape l’association brésilienne, est primordiale. Elle permet de faciliter l’intégration auprès du public visé. Ainsi, l’équipe Maewan a pu interagir intimement avec les habitants  des favelas, sur plusieurs jours, ce qui leur a permis de réalisé les ateliers de sensibilisation à l’éco-citoyenneté pour les plus jeunes et d’insertion professionnelle pour les plus grands.. 

L’expérience de Maewan 

Il est difficile d’imaginer ce à quoi on va réellement s’attendre tellement la vie à la favela est rythmée au jour le jour. 
Notre équipe, arrivée sur place, a pris le temps plusieurs jours à l’avance pourse faire accepter au sein de la favela, et  négocier avec les trafiquants de drogue afin de pouvoir collaborer avec les enfants. 
Une première étape cruciale afin d’éviter tous malentendus et risques. 
Une fois “acceptés” au sein de la favela notre équipe a pu aller à la rencontre des habitants.
Ils ont découvert alors des visages curieux, souriants, tous toujours plus nombreux à venir à la rencontre de Maewan. 

Grâce au partenariat avec l’association Favela Sonha, et des traducteurs présents sur place, l’équipe a pu proposer des activités éducatives aux enfants et un accompagnement plus poussé pour les plus grands. 

Comme support, un cahier éducatif rédigé par nos équipes en France, qui reprend les thématiques du développement durable de manière ludique, traduit en portugais. 

Tout le monde est émerveillé devant les histoires d’Erwan et Marion, et chacun pousse la réflexion alors sur ses propres envies et projets. 

Puis… ce fut l’heure des activités sportives ! Toutes les semaines, l’association Favela Sonha emmène les enfants faire du surf. sur la plage de Copacabana juste au pieds de la colline.  Une activité qu’ils sont toujours nombreux à rejoindre. Cette fois-ci, Maewan a aussi prévu de leur faire’essayer une nouvelle activité ! 

Ils ont pu passer du temps avec nos sportifs pour s’essayer à la highline, et ainsi découvrir de nouvelles sensations. 

Des moments de partage intense, des liens qui se tissent…aller à la rencontre des jeunes est toujours une expérience riche. 
Malgré leurs conditions de vie, beaucoup ont des rêves de bâtir des projets. Maewan a pu accompagner, motiver et trouver les outils nécessaires pour les pousser à s’améliorer. 

Ainsi, l’association accompagnera ces jeunes dans la réalisation de leur projet professionnel et aidera Favela Sonha dans le renforcement de sa structuration en tant qu’association pendant un an. 

Mais au fait, qui compose l’association Favela Sonha ? 

Ils s’appellent Nativo, Daniel, Wendel, Julio, Will, Lena, Rafa… ils sont tous nés ici, ont tous des cicatrices et partagent tous une motivation sans fin guidée par une envie : celle de proposer un avenir avec moins de violence à leurs enfants. 
Ce sont des personnes impressionnantes par leur histoire, mais aussi par leurs valeurs : la franchise, leur capacité à s’adapter, et leur optimisme ont poussé Maewan à donner le meilleur d’eux-mêmes. 

Ce sont des personnalités fortes, qui ont aussi eu des projets à leur image : 
Pour Julio, il s’agit de devenir lutteur professionnel alors que Wendel coordonnera une association de surf pour les enfants des favelas. , Nativo quand a lui est le ;leader qui incarne cette nouvelle envie de vivre différemment dans la Favela.
Des projets qui selon Marion “résument parfaitement ce qui m’a le plus touché durant ces dernières semaines : la solidarité, la puissance de la vie et la force de l’espoir à l’image de l’origine du mot favela : arbre qui est capable de s’adapter et grandir dans tous milieux”. 

Une équipe à la hauteur du projet Maewan

Du côté de Maewan, nous avons eu une équipe 100% sportifs de haut niveau qui nous ont accompagnés tout le long du projet ! 

Svana, grimpeuseprofessionnelle et surfeuse participa aux cours de surf des enfants avec Erwan… Antony et Pablo quand à eux poseront la slackline dans le gymnase où se déroulent les ateliers Maewan, et Monica, photographe est venu immortaliser tous ces moments. 

Tous ont un vécu et une expérience différente; et ,tous ont su s’adapter au jour le jour. 

Certaines fois, les activités ont dû être arrêtées afin de garantir la sécurité des enfants qui ne pouvaientt plus sortir de leur maison Il a fallu rebondir afin de trouver des alternatives et ne jamais baisser les bras ! 

Et si on posait une highline au-dessus de la Favela ? 

Ce fut un des temps forts pour favela Babilonia e Chapéu Mangueira . « Le temps d’un instant, c’est comme ci tout s’était arrêté au sein de la Favela et que tout le monde avait les yeux grands ouverts vers le ciel, c’était une énergie incroyable » nous raconte Erwan. 

C’est le fruit d’un long travail, entre repérage du lieu, négociations, mise en place… et enfin la traversée par Pablo et Antony ! 

Une activité intense, mais pour Pablo et Antony qui sont professionnels, c’était avant tout une partie de plaisir .

Pour Pablo « Tout a commencé à partir d’une sangle de camion dans le parc, et pas à pas mes lignes ont commencé à s’allonger de plus en plus, de plus en plus haut… C’est ainsi que je suis rapidement arrivé à la highline ! Je suis devenu accro au sentiment de me battre contre moi-même, d’essayer de comprendre l’équilibre et d’atteindre le contrôle parfait de mon corps ; c’est ce qui me pousse à dépasser mes limites ». 

Quant à Antony, membre de l’association Sangle dessus dessous, il vit au jour le jour au rythme de son sport. Kiné pendant quelques mois dans l’année, il occupe le reste de son temps entre la pratique de la highline et du base jump. 

Antony et Pablo sont tous les deux ambassadeurs slackline depuis plusieurs années sur l’Outdoormix Festival. « Pour moi la highline, c’est le mélange entre sport individuel et sport collectif. Le côté individuel c’est quand tu es seul sur ta ligne et que tu marches au-dessus du vide. C’est le kiffe de la concentration, d’être dans le vide, à un endroit ou personne ne pourra jamais aller ». Antony. 

Deux personnages forts, qui se sont parfaitement adaptés aux conditions de la favela pour créer cette expérience unique.

Et pour la suite du voyage ? 

Maewan a fait le plein d’énergie et repart sereinement pour une nouvelle expérience, direction l’Amazonie ! 

On la surnomme « le poumon de la terre », la plus grande forêt tropicale au monde.

L’Amazonie est entourée de son long fleuve de 7025 km, une nature hors norme. Devant toute cette grandeur, il est vite facile de rater les toutes petites merveilles qui la composent. C’est ainsi que Maewan a décidé, avec Bertrand Delapierre, alpiniste et réalisateur français de s’intéresser à la fève de cacao. 

Cultivé et vénéré au fil du temps par la communauté amazonienne depuis plus de 14 000 ans, le cacao est une force pour le Brésil et une opportunité de montrer son potentiel de développement durable et de protection de l’environnement. Le Cacao durable, c’est la promesse d’une restauration des zones dégradées, une amélioration de vie des agricultures, et une préservation de l’environnement. 

Ainsi, Maewan partira à la rencontre des producteurs locaux qui se battent pour la protection de leur environnement. À bord du voilier Maewan, l’équipe s’aventurera dans le fleuve pour découvrir une infime

partie de cet écosystème immense.

Le but de ce voyage sera d’aller à la rencontre de ceux qui renouent avec leur environnement, retrouvent une vie naturelle, et trouvent des alternatives face à la déforestation. 

Aux côtés de Marion, Erwan et de Bertrandt, Julie Mailhé, Française engagée auprès des populations brésiliennes ! 

Une des dernières étapes du voyage… qui marquera la fin de 7 ans d’expédition et un retour tant attendu en France. 

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