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Marion : Bienvenue chez nous!

14 août 2020

J’ai vécu des années, immergée dans des cultures différentes de la mienne. Copàn Ruinas, Rabouni, Goz Beida, Beirut… cette immersion m’a toujours passionnée, animée.

Vivre au rythme d’un autre climat: profiter de la pluie providentielle qui n’est pas tombée depuis des mois pour remplir sa citerne d’eau. En une seconde tout arrêter pour enfin faire à la main sa lessive qui commençait à sérieusement s’entasser, laver les sols poussiéreux. Rester enfermer sous sa tente une semaine en attendant que le sirocco passe son chemin, ce puissant vent rouge du désert qui fait disparaitre ta main lorsque tu tends ton bras. Ajouter 5h00 de route à son déplacement quotidien car le Wadi, fleuve se remplissant à la saison des pluies en zone sahélienne, s’est rempli dans la nuit ou même troquer tout moyen de déplacement motorisé contre une journée de marche pour aller rejoindre les centres de santé et les structures scolaires avec lesquels je travaillais.

Accepter au quotidien que l’analyse sécurité, parfois chaque quatre heure, rythme tout déplacements.

Quoi de mieux pour comprendre les uses et coutumes que de partager un quotidien: ouvrir un compte en banque, une ligne téléphonique, renouveler son permis de résidence, parfois même dans des alphabets aux symboles différents. Tous ces « tramites » comme on dit en espagnol…

Découvrir des fruits et légumes me paraissant improbables, apprendre à faire ses tortillas au coin du feu, à cuire son pain dans le sable du désert, déguster un chameau, fourré d’un agneau et d’un poulet pour un baptême traditionnelle tchadien ou du poisson au Tahiné face aux cotes Palestinienne. Partager les anniversaires, les deuils aussi…

Des apprentissages d’une richesse infinie… qui m’ont souvent fait me demander ce que je pouvais partager en retour. La cuisine c’est facile et toujours un succès avec un passeport français mais comment permettre de partager rien qu’une lucarne de mon quotidien d’occidentale: le climat qui m’a fait grandir, mes déplacements, ma famille, mes amis, mon enfance… Si précieuses soient-elles, les quelques photos de mon « autre vie » en France qui ont accompagnées chacune de mes missions humanitaires m’ont parues souvent bien figées, dépourvues d’odeur et de gout.

Le voilier Maewan, base nomade de l’association me permet enfin de pouvoir partager tout ça. Avec Erwan, nous pouvons inviter les personnes à bord, dans notre bureau, dans notre maison, dans notre jardin. Nous pouvons partager avec eux notre quotidien de responsables d’association et d’expédition autant que notre quotidien de couple.

Et cela change tout, j’aime cette relation d’égale à égale qui s’installe alors naturellement dans l’échange et la découverte de nos mondes respectifs. Pour moi, c’est le premier pas essentiel d’une relation saine pour la co-construction d’actions porteuse de sens.

 

Marion

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